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virtuadreamer

D’autres attendent la pause-café pour faire des pronostics et se plaindre à l’avance d’un changement toujours redouté. Il n’y a que Vincent qui semble serein. A tous les coups, Laurent lui a déjà montré les plans. Je suis même prêt à parier qu’il lui a demandé son avis. Après mon compte, peut-être va-t-il aussi s’emparer de mon bureau ? Aujourd’hui il en partage un avec Olivier, le mien serait par conséquent une promotion.
Du coup le soir je ne dors plus, donc pour éviter qu’elle ne me harcèle jusqu’à ce que je la rejoigne, je me couche juste après Carine. J’attends de voir la lumière s’éteindre au fond du couloir. Je termine ma cigarette. Puis, après de brèves ablutions, je me glisse contre elle sous la couette suédoise aux motifs psychédéliques colorés. Dès que la respiration de ma colocataire est enfin régulière, j’effectue la manoeuvre en sens inverse et m’en vais retrouver mon paquet de blondes sur le balcon. Certains soirs j’essaye de lutter contre l’envie de me relever mais du coup c’est encore pis. Toutes mes idées noires s’assombrissent davantage dans la nuit, l’angoisse qui m’étreint devient insupportable. Je rêve alors de n’être qu’un enfant pour aller me réfugier dans la chambre de mes parents et oublier mes cauchemars, bien calé contre leur corps chaud, à demi-assoupi. Mais je ne suis plus ce petit garçon. Et Carine me répète assez souvent qu’elle n’est pas ma mère. Je préfère encore me lever pour rejoindre le peu de vie qu’il reste au-dehors. Face aux néons de la ville, je me sens moins seul. J’aime à penser que ces autres

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