page128

virtuadreamer

22

Evelyne se livre à moi comme un livre ouvert.
Elle est mal dans sa peau. Je vois bien qu’elle aspire à autre chose que ce à quoi la routine de sa vie de couple la condamne. Elle n’a pas encore d’enfant. Tout comme moi. D’ailleurs, elle n’est pas certaine d’en vouloir. Elle se sent seule. Sa relation avec sa famille est une source de culpabilité davantage que de soutien. Sa mère lui en veut toujours énormément de ne pas avoir choisi un conjoint de la même confession qu’elle. Evelyne a voulu faire de son mariage un cheval de bataille contre le carcan imposé par la religion juive. Mais le fait qu’elle doive encore, trois ans après ses noces, justifier de ce choix à chaque réunion de famille, est devenu un véritable supplice. Quant à son mari, il l’agace tout autant qu’il la rassure !… Ses nombreux déplacements… son implication dans la boîte… ont installé entre eux une distance inquiétante que la récente promotion de Laurent n’a fait qu’aggraver.
Au travers de nos échanges, je sens monter chez Evelyne une lassitude latente s’insinuant peu à peu dans tout ce qu’elle entreprend. Dans tout. Sauf une chose : ses conversations avec Matthieu. A lui, elle confie tous ses rêves. A lui, elle réserve toute sa joie, ponctuant toutes ses correspondances de smiley au clin d’oeil complice ou aux joues rosies de plaisir. Matthieu lui ressemble. Elle se sent comprise.

Suivez-nous :
Pin Share