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virtuadreamer

s’il me transmettait une partie de la force de mon alter ego. Une autre fois, c’est le T-shirt préféré de Matthieu que j’ai porté pour jouer au foot. Car étrangement, depuis deux semaines, je suis à nouveau admis dans l’équipe. Presque recruté. Je suppose que j’ai l’air plus sûr de moi, moins déprimé. Même Carine a cessé de me harceler avec ses projets de maison et de bébé. Elle pense sûrement que j’ai repris ma carrière en main. Je la laisse croire. Au moins, elle me fout la paix. Lorsque le soir je pousse la porte de la chambre que je la vois, recroquevillée, les cheveux ébouriffés, le sourcil froncé, même dans son sommeil, je suis obligé d’admettre que Matthieu ne choisirait jamais une fille comme elle pour partager sa vie. Matthieu sélectionne ses compagnes comme il vit : librement. Moi je suis avec Carine parce que c’est elle qui m’a choisi. Puis gardé. Depuis que nous sommes sortis ensemble sur le parking de l’immeuble où habitaient ses parents, elle est toujours restée là. A portée de main. Parfois je me dis que ce doit être la seule personne qui m’aime vraiment. A sa façon bien sûr. Mais je ne peux pas faire le difficile. Je ne suis pas Matthieu. J’ai encore besoin de me sentir à l’abri. Et le bonheur n’a rien à voir là-dedans.

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