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virtuadreamer

Elle affichait un peu moins de six heures. « Trop tard pour s’endormir !» songea-t-elle à regret. Elle prit appui sur ses bras et s’extirpa péniblement du canapé aux coussins usés par les ans. Après avoir traîné sa carcasse jusqu’au comptoir du coin cuisine où trônait l’incontournable Nespresso, elle appuya sur le bouton de mise en marche et attendit les yeux fermés que le voyant cesse de clignoter. Elle resta ainsi un moment… introduisit une capsule dorée dans l’ouverture… pressa de nouveau sur le bouton. Comme le bruit que faisait la machine en libérant le café couvrait le son de la télévision, ce n’est qu’au moment où il cessa, qu’elle entendit le présentateur interpeller un correspondant :
« Alors, où en sommes- nous Patrick ?
– Eh bien, les vols qui perturbaient le trafic d’Air France ont enfin pris fin. Il semblerait que les passagers puissent à nouveau voyager vers les grandes capitales européennes. »
Clara fit volte- face. L’écran montrait un petit homme en costume terne tenant à hauteur de son menton un micro exagérément gros. Derrière lui, certains voyageurs tentaient de se faire filmer, alors que d’autres, au contraire, fuyaient la caméra. C’est là, parmi le flot des passants, que Clara la reconnut. La blonde du café. La jolie créature à l’accent british qui succombait au charme de l’Homme au costume. Elle ouvrit plus grand les yeux et se pencha vers l’écran. En une seconde, la fille était sortie du champ de la caméra. Clara grogna de déception puis se rua sur ses vêtements, restés en boule au pied du

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