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virtuadreamer

Vanité, égocentrisme, nervosité, assurance excessive. Autant d’indices qui lui hurlaient de rester sur ses gardes et ce, malgré le pouvoir de séduction indéniable de l’Homme avec lequel elle partageait son petit déjeuner. Elle se rappela un des derniers interrogatoires qu’elle avait mené avec Thomas, juste avant leur rupture.
Les voisins de palier avaient entendu des hurlements et appelé la police. Sur place, les agents avaient trouvé un appartement confortable, dans un quartier sans histoire. La table était mise, le repas finissait de cuire dans une cuisine équipée et, au milieu du salon, gisait le corps inerte d’une victime âgée d’à peine vingt-cinq ans. Ils avaient retrouvé le mari, quelques rues plus loin, en train de promener son chien. En entrant dans la salle d’interrogatoire, Clara avait d’abord été frappée par la normalité de l’homme dont on venait de lui confirmer qu’il avait battu sa femme à mort. Seule la rougeur de ses phalanges trahissait sa folie passagère. Au début, le type avait tout nié, menaçant d’appeler un avocat, de faire jouer ses relations. Et puis, petit à petit, Thomas avait réussi à le calmer, en lui faisant raconter ce qui s’était passé dans les journées précédant le drame. Au bout d’une heure, l’homme pleurait à chaudes larmes, non pas sur la mort de sa femme, mais sur son propre sort. En plein burn-out à tout juste trente ans, il avait basculé en une seconde dans l’horreur sans même s’en apercevoir. « Au-delà d’un certain stade on ne peut plus revenir en arrière » se dit Clara en songeant qu’elle non plus, n’était

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