page161

virtuadreamer

30

Elle est là, en face de moi.
Elle me dévisage. Pourtant, elle ne sait plus qui je suis. Carine. Ma très gentille, stupide, petite Carine. As-tu seulement la moindre idée de la révolution qui frappe à la porte de notre petite vie monotone ? Celui avec qui tu partages ton foyer, ton coeur, parfois ton corps, est devenu un être aux facettes multiples, infinies… Bientôt, plus rien ne l’effrayera ! Il deviendra seul maître de son destin. Mais n’aie crainte ma bonne Carine, je ne t’abandonnerai pas. En restant auprès de moi, tu deviendras l’unique relique de ma vie passée. Cette boussole qui continuera de m’indiquer la direction vers laquelle je ne veux plus jamais me diriger.
Oh Carine ! Ma très brave Carine ! Je te cèderai peut-être même un peu de ma précieuse semence, pour satisfaire tes instincts de reproduction. Quant à moi, mon seul instinct sera celui de survie. Tel un prédateur, je chasserai mes ennemis et les soumettrai sans l’ombre d’un remords. Dans une heure je serai assis à la même table de réunion que Laurent et je prendrai un pied phénoménal à le savoir si cocu !!! J’éclate de rire. Au-dessus de tes cernes, tes yeux me demandent si je suis taré ou quoi. Je ne réponds pas et quitte mon tabouret sans finir mon café. Je sais que ma tenue est impeccable mais je jette quand même un coup dans le miroir de l’entrée avant d’enfiler mon manteau. Je claque la porte sans te saluer. Fallait pas

Suivez-nous :
Pin Share