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virtuadreamer

prendre ton air renfrogné tout à l’heure.
Ascenseur. Parking. Contact. Radio.
«Street life ! You can run away from town! »
Les Crusados et leur disco me supplient de m’échapper loin d’ici. J’actionne la télécommande de la porte du garage. Dehors, la circulation est encore calme. Un groupe de lycéennes plutôt canons traverse la rue. L’une d’entre elles se retourne et me sourit, aguicheuse. Je monte le son. J’accélère. Les notes pénètrent en moi comme une potion magique qui me rendrait invincible. « Street life ! Street life !!! » Je chante à tue-tête tandis que, sur le volant, mes doigts battent la mesure. Droite. Gauche. Ma main passe les vitesses de plus en plus vite. Je grille un stop. Une mamie, qui voulait sûrement traverser, m’engueule en agitant son poing. Vieille peau ! « Street life… just who you wanna be ». Obligé de stopper à un feu rouge. In extrémis. Un coup d’oeil dans le rétroviseur. J’aime l’homme que j’y vois. Son sourire séducteur, son regard fiévreux… J’aime. Vraiment.
Le portail d’entrée de la boîte. Je suis déjà arrivé. A tâtons, j’attrape mon portable resté dans mon manteau sur le siège passager. Le numéro de Linette figure encore dans la liste de mes appels récents. J’enfonce la touche. Elle décroche à la première sonnerie.
« On se voit tout à l’heure à midi ? J’ai envie de toi.
Elle répond qu’elle aussi.
– Même endroit ? »

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