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virtuadreamer

par une barbe que je laisse pousser pour lui plaire.
– Tu ne dis rien ? insiste-t-elle avec douceur.
Jusqu’ici, je n’ai pas eu à parler de nous avec elle. J’élude, j’esquive. Je m’arrange pour repousser ce moment où il va falloir mentir pour de bon. Linette est une fille bien. Une belle femme. Intelligente avec ça ! Et moi. Qui suis-je ? Matthieu ? Denis ? Le meilleur des deux ? Le pire peut-être.
– Je suis bien avec toi. »
Je n’ai pas menti. Linette s’accroche à mon cou et couvre chaque parcelle de mon visage de baisers. Les trois mêmes mots se bousculent dans mon cerveau tourmenté. « Je t’aime, je t’aime, je t’aime !!! »
Non. Je ne dois pas. Il ne faut pas que je me laisse avoir. Putain, quel coeur d’artichaut je fais ! Il suffit qu’une femme me traite un peu moins mal que les autres pour que je tombe amoureux. Super ! Tu parles d’une autonomie !
Je viens à peine de quitter une prison que je fonce, tête la première, dans la cage la plus proche. Il faut prendre du recul. En commençant par échapper à son étreinte. Une cigarette. Voilà ce qu’il me faut. Je m’extirpe du cordage formé par ses bras. Me lève pour aller chercher le paquet resté dans ma veste. Lorsque je me retourne vers le lit, Linette a changé de position. La tête posée dans sa paume, le corps en équilibre sur sa hanche fine et dessinée, la poitrine offerte… Dieu qu’elle est belle ! Je meurs d’envie de la saisir par la taille et de la

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