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virtuadreamer

brûlure. Il est trop tard pour les marques d’affection. Elle n’avait qu’à les écrire. Au lieu de ça, elle m’a servi des banalités de bourgeoise qui s’encanaille. Dans un style plutôt médiocre, en plus !
– Matthieu ! Mais qu’est-ce qui t’arrive à la fin ?
Sa voix est montée haut dans les aigus. C’est la première fois que je perçois la peur dans son timbre. Sûrement pas la dernière.
Autour de nous, la lumière déclinante de fin d’après-midi enveloppe l’atmosphère d’une noirceur de circonstance. Dans ma tête se bousculent les idées les plus folles. Les plus terrifiantes aussi. Que va-t-il se passer lorsque qu’elle saura qui je suis réellement ? Elle va à coup sûr me détester et se rallier à l’avis de son connard de mari. Ils me traiteront de raté, de tordu. Ils tueront Matthieu… Non. Ce n’est pas possible. C’est tout simplement inenvisageable.
– Matthieu, tes yeux… tu me fais peur…
Effectivement, elle semble effrayée. Je me lève, me campe devant elle et vient aplatir la feuille sur le secrétaire.
– Ecris-là à nouveau.
– Matthieu, s’il te plait, mais pourquoi supplie-t-elle.
Mon poing frappe sur le bois. Linette sursaute en laissant échapper un petit cri.
– Ecris, je te dis. Vite. Et applique-toi cette fois, s’il te plait. »

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