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virtuadreamer

ne connaissait même pas le nom de l’inconnu avec lequel elle avait passé les quarante-cinq dernières minutes.
– Laurent » termina Denis comme s’il lisait dans ses pensées. Elisa sourit piteusement. Elle s’en voulait. Elle savait qu’elle avait énoncé son prénom à plusieurs reprises lors de leur conversation, or à aucun moment elle n’avait songé à lui demander le sien. « Quelle égocentrique idiote je fais ! » se reprocha-t-elle sans prononcer les mots à haute voix. Denis, devinant parfaitement ce qui se passait en elle, décida qu’il était temps de la déculpabiliser en se racontant davantage. Et puis chacun sait qu’une femme, aussi effrontée soit-elle, n’ira que très rarement suivre un parfait inconnu à l’hôtel.
Il allait ouvrir la bouche lorsque survint un facteur imprévu qui compliquait inévitablement le travail de notre prédateur. La connaissance. La copine. Ou encore plus trivialement, « la casse-couille », comme l’avait baptisée Denis qui redoutait plus que tout ce genre de rencontres. Pour deux raisons. Primo, les nanas ne savent pas se croiser sans parler au moins un quart d’heure de tout et de rien. Deuxio, les nanas qui croisent une copine avec un mec dévisagent le spécimen des pieds à la tête pour en faire un rapport aux autres potentielles casse-couilles ! Ces deux facteurs conjugués faisaient toujours craindre à Denis qu’il ne soit démasqué par ce regard extérieur et observateur. La menace du jour prenait la forme d’une petite provinciale à la teinture aussi ratée que sa coiffure. « Elisa ! Sa voix aiguë n’était pas empreinte d’accent anglais.

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