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virtuadreamer

allumé mon joint de survie, celui que je garde au fond de mon paquet de clopes en cas de coup dur. Carine est passée deux fois devant moi en pyjama affichant une mine d’abord contrite, puis carrément consternée. Par ce manège elle essayait de me culpabiliser en me signifiant qu’elle était si déçue, si triste qu’elle allait se coucher sans même dîner ! Malheureusement pour elle, l’herbe fournie par un des mecs qui bosse au magasin, était vraiment forte ! J’étais tellement défoncé que je me suis mis à pouffer de rire !!! J’imaginais que, comme la petite Wendy de Peter Pan, Carine allait ouvrir la fenêtre et sauter dans le vide dans son beau pyjama rose. A la fin je riais si fort qu’elle m’a insulté, a rejoint le lit conjugal, mais non sans avoir préalablement claqué la porte de la chambre en signe de désaccord. Plutôt que de la rejoindre, j’ai décidé de passer ce qui me restait de nuit dans le canapé à boire des bières et à encrasser mes poumons, avant de sombrer dans un sommeil aussi bref que chaotique.
Il y a déjà du monde au comptoir. Nous ne sommes pas les seuls à nous presser pour aller ferrer des clients dans la capitale monégasque et, contrairement aux idées reçues, je constate que notre tribu compte un bon nombre de femmes. Elles sont désormais de plus en plus nombreuses à venir rejoindre le cercle pourtant historiquement misogyne de la classe affaire. Devant moi, une trentenaire, aux yeux noirs et pétillants, joue le jeu en riant avec ses collègues, de plaisanteries douteuses. Lorsque son regard par hasard croise le mien, elle semble me dire « Quoi ? Qu’est-ce que tu regardes ? Tu as

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