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l’équipe avait fêté l’arrestation d’un petit malfrat traqué depuis des mois. Le lendemain matin, Clara s’était réveillée avec une gueule de bois mémorable et le corps nu de Thomas collé contre le sien. Au départ, ils s’étaient dit qu’il s’agissait d’une erreur, d’une folie passagère sans conséquence, pourvu qu’ils taisent ce secret à jamais. Mais dans les jours qui suivirent et malgré leurs douze années d’écart, aucun d’entre eux ne put réfréner ce qui devint rapidement une histoire d’amour. Clara tenta d’abord de faire abstraction de ce fossé générationnel dont elle craignait qu’il ne se transforme un jour en un gouffre. Elle y parvint presque pendant deux ans. Et puis la peur la rattrapa. Clara se réfugia d’abord dans le travail, prenant un soin particulier à rentrer systématiquement le plus tard possible et à se jeter sur ses dossiers à peine passée la porte d’entrée. Elle fuyait le dialogue, lorsqu’il s’en plaignait, répondait à Thomas sur un ton désagréable ou mauvais. Puis elle se mit à sortir le soir. De plus en plus souvent. Elle traînait dans les bars avec des collègues paumés, divorcés qui la tiraient vers le bas et la persuadaient, peu à peu, qu’elle ne pouvait que finir comme eux. Finalement, après des mois de guerre froide et de sabordage, elle était parvenue à son but. Sans joie, sans surprise. Il avait attendu le soir de son anniversaire, pensant qu’elle aurait peut-être un déclic. Mais il n’y eut pas de miracle. Deux mois plus tard, Thomas était parvenu à se faire muter et Clara se retrouvait à survivre tant bien que mal à cette mutilation. Parmi les séquelles il y avait, dans le désordre : l’insomnie, le

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