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virtuadreamer

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Une semaine déjà que j’essaie de coincer Laurent pour cette histoire de changement d’attribution des comptes. Depuis que je l’ai envoyé se faire voir, Brice n’ose plus venir me tuyauter. Du coup, j’avance en plein brouillard. Hier en plein brieffing, j’ai essayé de croiser des regards, de décoder les blagues de bureau, de lire dans les sourires entendus… Finalement, je suis sorti de là encore plus stressé et pas plus éclairé ! Le pire, c’est que je n’ai personne à qui poser franchement la question. Aucun ami à qui parler. Ici comme ailleurs, on ne doit compter que sur soi-même. Si on sympathise entre collègues, c’est toujours davantage par intérêt ou par confort, que par amitié. Et pour les commerciaux c’est encore pis. Quand par hasard on vient à se rapprocher un peu trop d’un collègue, la hiérarchie se charge de mettre subtilement le bordel, histoire de réveiller l’esprit de compétition.
En quittant la salle de réunion, et alors que je me demande comment je vais bien pouvoir survivre en attendant le dénouement de toute cette histoire, je sens une main sur mon épaule. C’est Vincent.
« Alors Denis, la forme ?
– Ouais…
– T’étais bien derrière moi l’autre soir dans le parking, non ?
– Oui, c’est possible.
– Si. Moi je t’ai vu. Et Angie aussi.

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