L’ Auto-édition fait son show

Le week-end dernier, une petite commune de Lyon s’est trouvée au centre d’un rassemblement auquel nous n’avons malheureusement pas pu participer ( et, je l’espère, ce n’est que partie remise ! ) mais qui n’a pas manqué d’attirer notre attention, puisqu’il s’agissait du premier salon de l’auto-édition organisé à Pierre-Bénite par l’association Ecriture-Plurielle.

Car s’il est vrai que les initiatives locales, telle que les soirées polarn’co booknseries ou les marchés de l’auto-édition se multiplient, personne n’avait encore jamais prononcé le mot « Salon » à côté de celui d’ « auto-édition » !

Du coup, après quelques retweet sympathiques et échanges de mails, il m’est apparu que, faute de pouvoir participer, j’allais vous en dire plus sur ce salon inédit et, qui sait, vous donner envie de faire partie de la prochaine édition !

Bonjour Céline. Avant toute chose pouvez-vous nous parler de l’association Écriture Plurielle, qui est à l’origine du projet, et nous préciser quel est votre rôle au sein de cette structure ?

Céline Bernard :  L’association que j’anime bénévolement quasi à plein temps mise sur l’autorité naturelle des mots : une idée bien exprimée est à la fois belle, efficace et facile à comprendre. Pour trouver le mot juste, les écrivains et les auteurs ont besoin de ressources que notre association s’ingénie à mettre à leur disposition. Nos activités liées à la maîtrise de l’écrit sont très variées : permanences d’écrivain public numériques, cours de français, transcription, atelier d’écriture créative, accompagnement à la publication, etc.

Comment vous est venue l’idée de ce salon de l’auto-édition et quels sont les objectifs pour la première édition ?

Céline B : Les auteurs adhérents de l’association Écriture Plurielle sont habitués aux salons traditionnels des auteurs. Les livres sont exposés sur des stands, comme au marché, et leurs auteurs sont à disposition des lecteurs qui souhaitent en savoir plus. Hélas, ces journées du livre commencent à être délaissées par le public au profit de grands salons que vous connaissez sans doute, mais qui n’acceptent que des auteurs édités.

Ce premier salon de l’auto-édition s’est donc fixé comme objectif de réunir des auteurs, des écrivains, des lecteurs, des professionnels et également de partenaires locaux (Centre social Graine de Vie, MJC de Pierre-Bé, collège Marcel Pagnol, etc) pour promouvoir l’écriture contemporaine. Nous pouvons nous féliciter : tout le monde a répondu présent et la diversité des participants était énorme : des enfants et des seniors, des francophones et des étrangers, des gens qui aiment lire, qui aiment écrire ou qui aiment écouter les idées. Et le tout avec une bonne humeur contagieuse !

Convaincre les acteurs du monde de l’auto-édition a t-il été facile ? Quels ont été vos arguments pour faire venir les auteurs et les fournisseurs de service de toute la France et combien ont répondu présent ?

Céline B : Internet fédère déjà les acteurs de l’auto-édition, qui sont souvent des start-ups, des influenceurs web et des entreprises du numériques ou encore qui cherchent à ouvrir sur internet les fenêtres des nouveaux horizons de la littérature. Ont répondu présents : Publishroom, Fastframe, My Library On Line, Des livres & Moi, Bookelis, Françoise Degand, Atelierweb69, My Library on line, Le Club Positif, Radio Couleur Café, Radio Pluriel, l’Atelier des Résonnances, les Polysémiques, les éditions participatives – j’espère n’oublier personne parmi les inscrits et je sais par ailleurs que certaines entreprises liées à l’auto-édition se sont glissées en catimini dans le public pour voir avant de s’engager. Mais il serait indiscret d’en parler ici 😉

Les initiatives pour promouvoir l’autoédition, de plus en plus nombreuses, semblent vouloir depuis peu sortir d’Internet pour rejoindre la « vraie vie ». Pensez-vous que l’autoédition, de par son dynamisme et les ressources qu’elle a développées via le net, apportera aux salons littéraires ou aux librairies quelque chose que les éditeurs traditionnels ont du mal à renouveler ?

Céline B : À mon avis, l’auto-édition est notre avenir : c’est comme une ubérisation du livre. Elle fait une place aux initiatives locales, elle permet aux auteurs de rencontrer directement leurs lecteurs. Elle ne s’oppose pas à l’édition, dans la mesure où elle ne joue pas sur le même terrain. Il s’agit d’une concurrence sportive : on peut comparer avec les jeux olympiques. Sans concurrents, pas de courses. C’est une sorte de cercle vertueux : plus on lit, plus on lit.

 

autoedition salon

Pour finir enfin une question à chaud après cette journée ! Quels sont vos premiers ressentis par rapport à cette édition 2017 et, si vous pensez en faire une en 2018 , quelles améliorations ou changements y apporterez vous ?

Céline B : Cette journée est un cadeau sur tous les plans. Le travail des bénévoles qui ont transformé le rez-de-chaussée du collège de Pierre-Bénite en Salon pour les livres, qui ont accueilli, accompagné, restauré les visiteurs et les auteurs est extraordinaire. Nous avions sur place des partenaires, une équipe de sécurité, et l’aide remarquable d’une étudiante en événementiel. Je reçois des compliments jusqu’à présent.
Et en même temps, beaucoup d’erreurs sont à corriger : la signalétique, la communication avant/pendant l’événement, etc, bref, des détails techniques.
Mais nous avons trouvé notre esprit : le Salon de l’autoédition 2018 sera participatif, intergénérationnel, festif et littéraire. Et je croise les doigts pour qu’il se déroule à Pierre-Bénite. Nous ne manquerons pas de vous en donner des nouvelles très prochainement sur  notre twitter ou la page facebook dédiée au Salon .

Et merci pour cette interview, en espérant que Booknseries soit parmi nous à la prochaine édition !

Ce sera certainement le cas  ! Merci beaucoup Céline.

Et pour en savoir plus sur l’association Ecriture Plurielle et suivre ses activités, rendez-vous sur son site www.ecritureplurielle.fr

article publié le 15 Mai 2017
propos recueillis par Laure lapegue

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