Léa & Vijay : deux visages de l’Inde

L’enquêteur est l’une des figures incontournables du polar. Miroir de la justice et par là même de la société dans laquelle il évolue, il est le prisme au travers duquel le lecteur découvre la valeur du bien et du mal dans un contexte social donné.   Personnage complexe, souvent sombre, cachant derrière sa quête de vérité des questionnements plus intimes, l’enquêteur est celui grâce auquel le lecteur va peu à peu démêler un mystère mais surtout comprendre pourquoi le drame est arrivé …

C’est pourquoi nous avons décidé aujourd’hui de soumettre à notre interview booknseries les deux enquêteurs qui vont se pencher sur l’énigme constituée par le cadavre d’un vieille femme blanche et très respectée, découverte au cœur du marché aux fleurs de Pondichéry…

Léa et Vijay, la métis et l’indien : les enquêteurs de votre prochaine serial lecture Polar, « Goodbye Gandhi »  

drapeaufrancais

Prénom : Léa

Nom : En Inde, il n’existe pas de nom de famille à proprement parler. Au prénom de mon père, s’est s’adjoint le prénom de son père comme nom de famille. Je porte donc le prénom de mon père à mon tour comme nom de famille.

Âge : 28 ans

Profession : inspecteur de la police scientifique française

Nationalité : française : mon père est indien, originaire de Pondichery, et ma mère corse.

Je suis : une pragmatique et réservée

Je ne suis pas : une chichi pompon

J’aime : mon métier

Je n’aime pas : dépendre de qui que ce soit.

Souvent, lorsque je pense à ce pays qu’est l’Inde, j’ai envie de… C’est une situation difficile. J’aime et je déteste tout à la fois ce pays. Elle est à la fois lumineuse et très sombre. Et cela n’a rien à voir avec la misère, mais avec sa façon – si je puis dire – de donner à voir ce qui la constitue. Mon père indien, qui a la nationalité française, n’est plus considéré comme un Indien lorsqu’il retourne dans son pays, pas plus qu’il n’est considéré comme un français en France. Il a acquis un statut d’éternel exilé, entre son pays natal et sa terre d’adoption. Pour moi, c’est totalement différent. J’ai le choix entre deux cultures qui me construisent et je prends ce qu’il y a de meilleur dans l’une et l’autre. En France, je bénéficie de l’aura fantasmée qu’ont les Occidentaux de l’Inde, je suis exotique. En Inde, ma condition de franco-indienne me permet une liberté qui est refusée aux Indiennes. De plus, ayant la peau claire, se marier avec moi représente le « nirvana » pour une famille indienne, puisqu’en tant qu’Occidentale, je suis forcément riche et comme mon père pour sa famille, obligation me serait faite de prendre en charge financière ma belle-famille. L’Inde – aussi bien pour un étranger que pour une « une personne métissée » ne se donne jamais à connaître facilement. Jamais elle ne vous adoptera. Elle est là, non pas offerte, mais disponible. On la prend à bras le cœur ou pas. A moi de choisir.

drapeauindien

Nom : Ramalingam

Prénom : Vijay

Âge : Une jeune trentaine

Profession : Inspecteur

Nationalité : Indienne

Je suis : un romantique et un rationaliste

Je ne suis pas : un corrompu

J’aime : ma vie

Je n’aime pas : le mensonge

Souvent, lorsque je pense à ce pays qu’est l’Inde, j’ai envie de me libérer de ses multiples carcans et hiérarchies. Celle des castes qui abolies par la loi, ne le sont pas dans les faits. Celle de la famille extrêmement codifiée. Par exemple, un frère aîné doit se marier le premier et tant qu’il ne l’est pas ses cadets ne peuvent fonder une famille, et je ne parle même pas des filles qui sont souvent considérées comme des êtres sans d’autre finalité que d’obéir, à son père et à ses frères, puis à son mari (celui-ci souvent négocié via un mariage arrangé) et à sa belle mère. Cette hiérarchie se retrouve dans les quartiers, avec ses clans et ses chefs où rien ne peut se faire sans leur autorisation. Si le niveau de vie s’améliore en Inde, avec son corolaire la consommation forcenée, il n’en va pas de même avec les mentalités, et la première victime en est la femme. Le viol, souvent décrié en Occident d’autant plus quand il s’agit d’une victime d’un milieu aisé (les autres on n’en parle pas), est un « fait culturel », tout comme l’infanticide. Et pourtant, la femme est le pilier de notre société.

Retrouvez Goodbye Gandhi en serial-lecture gratuite sur Booknseries à partir 1er Avril
Inscrivez-vous ici et maintenant à la serial-lecture  

Suivez-nous :
Pin Share

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.