Rencontre avec le premier serial-auteur de l’année : Chris Simon

Nous sommes ravis d’accueillir aujourd’hui dans le bookn’blog le premier serial-auteur de l’année 2017, presque une habituée de la maison Booknseries, puisqu’il s’agit de l’auteure franco-américaine Chris Simon.

Presque un an après la publication des derniers épisodes de la série « Lacan et la Boite de Mouchoirs » ( série dont nous avions publié ici la saison une) , Chris revient nous voir avec une Une série pulp Drug Thriller : « Brooklyn Paradis » 

Chris Simon

 

Bonjour Chris, ravie de te recevoir sur le Divan Booknseries !

Chris Simon : Bonjour Laure, bonjour à tous les serial lecteurs de Bookn’series !

« Brooklyn Paradis » est un thriller décalé que l’on dévore en riant, une vraie dose de bonne humeur. Pourtant, étant donné le contexte politique aux États Unis et ailleurs, on ne peut s’empêcher d’y lire une satire d’un monde où l’argent, le sexe et la drogue mènent les peuples par le bout du nez…

Chris Simon : Et j’ajouterais le désir de célébrité ! Une étude mené par des chercheurs à Havard révèle qu’en 30 ans les valeurs ont changé. Il y a trente ans quand on demandait à un jeune qu’est-ce qui le rendrait heureux dans sa vie, il choisissait en premier sa communauté, son entourage, ses amis, sa famille ; aujourd’hui, il choisit de devenir célèbre et/ou riche. Alors, j’ai eu envie d’en rire et de développer des personnages qui croient en l’argent pour assurer leur bonheur intégral. J’ai donc pris une situation particulière, une jeune mère de famille trouve un canapé sur un parking de Brooklyn, elle le ramasse, seulement ce meuble attire les convoitises diverses.

La Série s’appelle « Brooklyn Paradis », un quartier où tu nous promènes au fil de bars, de rues, de restaurants… Sachant que tu as vécu à New York t’es tu inspirée de la réalité ? Et pourquoi avoir choisi Brooklyn (plutôt qu’un autre quartier de New York )?
CS : 
J’aime New York, c’est ma ville autant que Paris, j’y ai passé ma vie d’adulte, j’ai vu Brooklyn changer sur 20 ans. Ça a commencé dans les années 90, le quartier de Soho passant d’un quartier d’ateliers d’artistes à un quartier de boutiques de luxe internationales, les artistes sont allés s’installer à Brooklyn pour des raisons pratiques, ils pouvaient acheter ou simplement louer des grands espaces pour travailler et pour vivre à des prix beaucoup plus abordables qu’à Manhattan. Certains quartiers de Brooklyn sont seulement à 10 à 15 minutes de métro du village ou encore de la 34e rue. Depuis les frontières de Brooklyn n’ont cessé de reculer. Du quartier de Brooklyn Heights dans lequel vit ma famille bourgeoise aux quartiers les plus reculés comme Red hook ou Bushwicks, l’exode vers Brooklyn, vers une vie meilleure continue… Ce qui a fait grimper les prix, et les plus pauvres, les plus jeunes doivent s’installer à présent de plus en plus loin.
J’ai donc choisi le quartier de Brooklyn pour montrer comment l’argent ruine ce que l’on aime, finalement.

Arnaques, Wasp et cocaïne, « Brooklyn Paradis » est un vrai pulp où l’on retrouve tous les codes repris au cinéma par un Tarantino ou un Guy Richie. As tu pensé à ces réalisateurs en l’écrivant ? ?
CS : Les personnages des films de Tarantino sont beaucoup plus violents et sadiques, cependant ils possèdent une certaine ironie dans laquelle je me retrouve. Sauf peut-être pour Pulp Fiction, mes méchants sont plus ridicules qu’ils ne font peur… enfin j’espère ! Guy Richie, dont je connais mal le travail, aime les mêmes films que moi : Butch Cassidy and the Sundance Kid., par exemple, qui est un film écrit par William Goldman. J’aime les dialogues de Tarantino. Je m’intéresse plus aux scénaristes qu’aux réalisateurs. William Goldman est un des scénaristes que j’ai lu avec Billy Wilder, Woody Allen et d’autres… Je lis les scénarios de films. En fait, je ne m’inspire pas des films en tant que spectatrice mais plutôt en tant qu’étudiante en cinéma. J’ai une formation de scénariste, cette formation a influencé mon écriture.

L’humour est omniprésent dans ton thriller… un vrai défi pour un genre où l’humour est souvent hors propos ou caricatural ! Comment as-tu réussi à gérer cette «  bonne dose » et à éviter de piège d’un humour trop scabreux ou désuet ?
CS : J’essaie de tirer le maximum de mes personnages et des situations dans lesquelles ils se trouvent, comme font les grands clowns Jacques Tati et Charlie Chaplin, ils sont géniaux dans cet exercice. Pour l’humour fin dans les dialogues, il y a des maîtres : Billy Wilder et tous les auteurs avec qui il a coécrit ses scénarios comme I.A.L Diamond ou Raymond Chandler…, Mel Brooks – The Producers est un de mes films préférés -, Jerry Seinfield, Pedro Almodovar (surtout ses premiers films), Woody Allen bien sûr, William Goldman, – mais je les ai déjà cités… -, et les grands dialoguistes Michel Audiard, Jacques Prévert dont j’aime la poésie et l’humour, et Frédéric Dard… j’ai lu ces auteurs dans ma jeunesse. Ces auteurs ont oeuvré pour la langue française. Ils l’ont fait évoluer. Inventer un langage pour chaque personnage est assez jouissif quand on écrit. J’essaie donc de le faire et dans Brooklyn Paradis, cela s’y prête bien, car j’ai des personnages de milieux complètement différents. De la famille ultra bourgeoise des Burden à leur femme de ménage sud-américaine aux malfrats de diverses origines, il y a de quoi s’amuser : les accents, la difficulté à maîtriser une langue et ses codes culturels, l’influence d’une langue maternelle pour les personnages, tout cela prête à l’humour, la cocasserie. De plus, mon histoire se passe à New York, mes personnages sont américains, je dois donc tout adapter à la langue française, ce qui m’oblige à être créative. Il y a des expressions que je ne peux vraiment traduire, alors je trouve un équivalent. La langue parlée est un extraordinaire laboratoire et évolue beaucoup plus vite que la langue écrite.

Je suis aussi entourée de beaucoup de gens qui ont de l’humour, ça m’inspire. La vie m’apparaît parfois comme un médiocre scénario dont il vaut mieux rire ! Et aucune classe sociale n’y échappe, pas mêmes les malfrats !

Avant de nous quitter, et bien que ton pitch soit déjà un teaser plus qu’alléchant, peux-tu donner à nos serial-lecteurs une ultime bonne raison de venir se mêler chaque vendredi à la petite foule de déjantés de Brooklyn paradis ?
CS : Parce que vous habiterez Brooklyn, vous serez très riche, vous aurez un mari, des enfants et une femme de ménage un brin bras cassé, avec qui vous serez très gentil, le temps d’une série. Parce que vous, si vous étiez riche, vous seriez un riche super cool et sympa ! ;D

Merci Chris ! 🙂

Cette ITW vous a donné envie de Lire Brooklyn Paradis ? Alors de deux choses l’une :

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article publié le 13 Janvier 2017
Propos recueillis par Laure Lapègue

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